Reaction of COJESKI-DRC Coordination of Haut-Uele Province on the imposed security measures in Isiro
COMMUNIQUÉ DU COJESKI-RDC COORDINATION PROVINCIALE DU HAUT-UELE RELATIF À LA MESURE DU COUVRE-FEU A ISIRO.
La Coordination Provinciale de la COJESKI-RDC dans le Haut-Uele prend acte du Communiqué du Comité Provincial de Sécurité portant instauration d’un Couvre-feu dans la ville d’Isiro et ses environs, de 22h00 à 5h00, à la suite de la recrudescence des cas de banditisme, de criminalité et de vols à main armée.
Face à cette situation préoccupante, le COJESKI-RDC Coordination Provinciale du Haut-Uele réaffirme son attachement à la Paix, à la Sécurité et à la protection des personnes et de leurs biens. La sécurité de la population étant une responsabilité collective, nous appelons particulièrement la jeunesse à faire preuve de responsabilité, à respecter les mesures prises par les autorités et à collaborer avec les services de sécurité en signalant tout mouvement ou comportement suspect.
Toutefois, COJESKI-RDC estime que le Couvre-feu ne devrait constituer qu’une mesure ponctuelle parmi un ensemble de stratégies visant à combattre durablement l’insécurité. Il est essentiel que les services compétents poursuivent les enquêtes, identifient les auteurs et réseaux impliqués dans ces actes criminels et les traduisent devant la justice, conformément à la loi.
Nous appelons également les forces de sécurité à faire preuve de professionnalisme, de discernement et de respect des droits fondamentaux dans l’application de cette mesure. La lutte contre l’insécurité ne devrait pas être dissociée du respect de la dignité et des droits des citoyens.
A cet égard, le COJESKI-RDC Coordination Provinciale du Haut-Uele rappelle que l’Article 30 de la Constitution de la République Démocratique du Congo garantit à toute personne se trouvant sur le territoire national le droit d’y circuler librement, d’y fixer sa résidence, de le quitter et d’y revenir, dans les conditions fixées par la loi. Cette liberté fondamentale ne saurait être ignorée dans la mise en œuvre des mesures sécuritaires. Le COJESKI-RDC comprend que des restrictions temporaires puissent être envisagées pour répondre à une situation d’insécurité, mais celles-ci devraient être clairement encadrées par la loi, proportionnées à la menace et appliquées avec discernement. Nous invitons ainsi les Autorités et les services de sécurité à veiller à ce que le Couvre-feu ne donne lieu ni à des abus, ni à des arrestations arbitraires, ni à des tracasseries à l’encontre des citoyens qui se trouvent dans des situations légitimes ou urgentes de faire des mouvements.
Le COJESKI-RDC encourage enfin les Autorités Provinciales à maintenir un dialogue permanent avec la population, particulièrement avec les organisations de la jeunesse, afin que les mesures sécuritaires soient comprises, respectées et accompagnées d’actions concrètes sur le terrain.
Dans cet esprit, le COJESKI-RDC formule les recommandations suivantes :
1. Renforcer la collaboration Civilo-militaire: la mise en œuvre du couvre-feu devrait s’appuyer sur une collaboration harmonieuse entre les Services de Sécurité, les Autorités civiles et la population, afin de favoriser la confiance, la compréhension et l’efficacité de la mesure.
2. Éviter la criminalisation collective de la population: les actes de banditisme étant commis par certains individus, il serait injuste d’assimiler toute une population aux comportements de quelques personnes ayant choisi le banditisme comme mode de vie. Les interventions devraient donc être ciblées et fondées sur des éléments objectifs.
3. Investir davantage dans un renseignement professionnel et performant: le COJESKI-RDC encourage les Services de Sécurité à renforcer leurs capacités de renseignement, d’anticipation et d’identification des réseaux criminels, afin de prévenir les attaques et de sécuriser durablement la ville d’Isiro.
4. Sanctionner sévèrement les auteurs d’abus: toute personne, quel que soit son statut, qui profiterait de cette mesure pour commettre des abus, des tracasseries, des violences ou des arrestations arbitraires devrait répondre de ses actes et être sévèrement sanctionnée conformément à la loi.
La jeunesse d’Isiro ne devrait pas être considérée comme un problème sécuritaire, mais comme un Acteur essentiel de la solution. Nous devons tous œuvrer pour une ville où les jeunes peuvent étudier, travailler, entreprendre et vivre dans la Paix et la Sécurité.
La sécurité est une responsabilité collective, mais elle devrait aller de pair avec le respect des droits, la responsabilité des forces de sécurité et l’implication de la jeunesse.
COJESKI-RDC, Coordination du Haut-Uélé
