While democracy is perceived at the only way to exercise power and to access to power, democracy is highly ignored in the Democratic Republic of Congo and wrongly considered as the mere elections. We focus on elections, capacity building, access to information, promotion of better ideas, and promote all forms of freedom (freedom of information, freedom of thought, freedom of expression, freedom of association, freedom of movement..
We keep on monitoring also democratic space and we are currently concerned about the directive from the Minister of Internal Affairs to block Representatives from Provincial Assemblies to exercise their roles. Here is the letter which we jointly engaged the Civil Society of Congo to address to the Minister.
Kinshasa, le 12/11/ 2025
N°/Réf : 029/SOCICO/CN/PNY/2025
A l’attention de son Excellence Monsieur le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières
à Kinshasa/Lingwala
Excellence,
La Société Civile du Congo (SOCICO/RDC) suit avec une profonde préoccupation la montée des pratiques et des discours qui tendent à fragiliser l’espace démocratique en République Démocratique du Congo.
Nous observons, avec regret, que les Assemblées Provinciales, institutions essentielles de la démocratie locale, font désormais l’objet de pressions, menaces et intimidations en provenance du Ministère de l’Intérieur, alors qu’elles ne font qu’exercer leurs prérogatives constitutionnelles de contrôle et de redevabilité.
Selon plusieurs sources médiatiques, Son Excellence Monsieur Jacquemin Shabani, Ministre de l’Intérieur, aurait adressé des menaces verbales à l’endroit des élus provinciaux dans diverses provinces du pays. Une telle attitude, au lieu de favoriser la gouvernance responsable, porte atteinte à la liberté d’action des députés provinciaux, censés défendre les intérêts légitimes du peuple en toute indépendance.
Nous rappelons que la démocratie congolaise est le fruit d’un long combat mené au prix de grands sacrifices, notamment par les acteurs politiques et citoyens ayant œuvré pendant plus de trente-deux ans pour l’instauration d’un État de droit. Il serait donc inacceptable que ces acquis soient remis en cause par des pratiques autoritaires, même de la part de ceux qui furent jadis à l’avant- garde de ce combat.
Nos provinces, pour la plupart, connaissent une gouvernance marquée par des dysfonctionnements graves. Dans certaines d’entre elles — notamment au Kasaï Oriental, pour ne citer que cet exemple —, les Gouverneurs brillent par leur absentéisme et leur inefficacité, compromettant ainsi le développement et le bien-être de la population.
Au lieu de protéger des Gouverneurs défaillants, il est urgent de renforcer la transparence, la redevabilité et la participation citoyenne. Restreindre l’espace parlementaire et museler les Assemblées Provinciales, c’est affaiblir les fondements mêmes de la gouvernance démocratique.
Nous tenons à encourager les Assemblées Provinciales à demeurer fermes et indépendantes dans l’exercice de leur mission de contrôle, conformément à la Constitution et aux lois de la République. Leur devoir est de sanctionner la médiocrité, où qu’elle se trouve, et de veiller à ce que la gestion publique serve effectivement le peuple congolais.
Nous invitons également les Gouverneurs de Provinces à se recentrer sur leurs obligations envers la population : rendre compte de leur gestion, promouvoir une gouvernance locale inclusive et œuvrer pour le développement. La protection politique ne saurait remplacer la compétence ni l’intégrité ; toute stratégie de protectionnisme institutionnel est, par essence, antidémocratique.
En conséquence, nous invitons Son Excellence Monsieur le Ministre de l’Intérieur, à :
Pour la Société Civile du Congo,
Monsieur Pontien NYEMBO
Président National[1]
[1] Adresse : Boulevard du 30 Juin, arrêt VODACOM, 5e Niveau du Bâtiment MOULAERT, après Equity BCDC en diagonal de la Galerie Présidentielle, Kinshasa-Gombe
Tél : +243816027550, +243997014284 | E-mail : socicordc2@gmail.com